lundi 29 août 2016

Rencontre-débat à Port-au-Pince autour des « Enjeux économiques et financiers liés à la lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme »: une initiative du Ministère de la Justice, de concert avec la BRH



Port-au-Prince, le 29 aout 2016 – (AHP) – Les « Enjeux économiques et financiers liés à la lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme », c’est autour de ce thème que le ministère de la justice et de la sécurité publique a organisé  vendredi, de concert avec la banque de la république d’Haïti, BRH, une rencontre-débat dans un contexte marqué par les menaces de la perte par les banques haïtiennes, de leur correspondance avec les grandes banques américaines.

Un tel scénario,a  fait remarquer le gouverneur de la banque centrale, Jean Badin Dubois, dont la nomination a été récemment ratifiée par le Sénat, affecterait considérablement 93% de nos exportations, 75% des transferts reçus et 72% des transferts vers l’étranger.

De plus, a-t-il dit, cela affecterait aussi les 2 milliards de transfert, soit 21% du produit intérieur brut, qui alimentent chaque années les revenus des couches les plus défavorisées. Il a aussi évoqué des difficultés dans le domaine des échanges commerciaux, rappelant que 40% des importations proviennent des Etats-Unis d’Amérique.

Il est important de prendre des mesures pour éviter que le pays soit catégorisé parmi les nations qui mettent à risque le système financier mondial. Et pour éviter tout cela, il faut renforcer la législation haïtienne en matière de lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme.

Chaque acteur, a dit Jean Badin Dubois, doit jouer sa partition, de manière à renforcer la chaine de prévention, de détection et de répression. Il a souligné que toute déclaration négative du groupe d’action financière des caraïbes aura des conséquences sur l’économie haïtienne et risque de déboucher sur l’isolement du pays.

Il a souligné que, ce son côté, la BRH, s’est évertuée à mettre à jour, l’ensemble du corpus réglementaire, en vue de s’assurer que les institutions financière appliquent de manière scrupuleuse leur devoir de vigilance à l’égard de la clientèle ainsi que leurs obligations déclaratives vis-à-vis de l’UCREF.

Il appelle au renforcement des dispositions législatives au moyen notamment de l’amendement de la loi contre le blanchiment voté en 2013, l’adoption d’une loi organique pour l’unité centrale de renseignement financiers (UCREF) et l’adoption d'un nouveau code pénal et de procédures pénales pour garantir la conformité avec les normes internationales et les conventions ratifiées par Haïti.

Pour sa part, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Me Camille Edouard Junior,  a assuré que le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que le pays ne soit victime de l’irresponsabilité des anciens dirigeants.

Le gouvernement, a-t-il dit, travaille au renforcement des institutions impliquées dans la lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme, en augmentant notamment l’efficacité de l’UCREF, la commission nationale de lutte contre la drogue CONALD et la brigade de lutte contre les trafics de stupéfiants BLTS.

Il affirme reconnaitre les faiblesses d’ordre légal et structurel du système haïtien de lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme, des faiblesse auxquelles il faut remédier, a-t-il dit.

Camille Edouard Junior a indiqué que la commission qui a travaillé sur le la réforme du code pénal et du code de procédure pénale, a déjà remis les avant-projets qui seront bientôt proposés en conseil des ministres.

Pour sa part, le président  du sénat, Ronald Larêche s’est engagé, au nom du parlement, à combler les lacunes au niveau de la législation en matière de lutte contre le la lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme.

Il se dit conscient du besoin de s’adapter de manière régulière aux normes internationales en la matière et dit prendre acte de la nécessité de voter en urgence l’amendement à la loi contre le blanchiment, la loi organique de l’UCREF, le code pénal et tout texte ou convention international portant sur le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme.

Participant à la rencontre, les représentants de la UNIBANK et de la SOGEBANK, Carl Brown et Claude Pierre-Louis ont tous mis l’accent sur la nécessité d’aller vite en besogne tout en reconnaissant qu’un travail a déjà été réalisé.

C’est aussi l’avis du coordonnateur du forum économique du secteur privé, Grégory Brandt qui invite chaque partie à assumer sa part de responsabilité sur la base d’une feuille de route avec des échéances claires à respecter avant la fin du mois de septembre.

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