mercredi 4 octobre 2017

Pluie de critiques et vague d'indignation aux Cayes, après les propos jugés incendiaires du maire Gabriel Fortuné: le vice-président du Grand corps, sénateur du Sud et ancien chef du parquet de la ville affirme que s'il était aujourd'hui commissaire, il aurait "fouqué" (embarqué) Fortuné



Port-au-Prince, le 4 octobre 2017 - (AHP)-Une pluie de critiques, de denonciations et de rejets s'abat sur  le maire des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, suite à des propos virulents et incendiaires qu'il a débités, suite à une manifestation de milliers de personnes contre le budget 2017/2018 et appelant au départ du président Jovenel Moise.

Furieux, le maire a demandé aux citoyens d'utiliser toutes les armes à leur portée, à feu, tranchantes ou contondantes  pour défendre le droit d'envoyer leurs enfants à l'école, dans un contexte marqué par des manifestation de l'opposition.

L'une des réactions les plus tranchantes est venue ce mercredi du vice-président du grand corps, le sénateur Jean Marie Junior Salomon, qui a condamné avec la dernière  rigueur ces propos tenus par celui censé être  le premier citoyen de la ville  des Cayes. 

Le parlementaire a fait savoir que bien qu'étant sous l'influence de Gabriel Fortuné, lde chef du parquet des Cayes est tenu de mettre l'action publique en mouvement contre le maire, pour incitation à la violence, rappelant que ce dernier  n'est pas au-dessus de la loi.

Ancien commissaire du gouvernement des Cayes, Me Salomon affirme que s'il était  aux commandes du parquet, il aurait "fouqué" (embarqué) M. Fortuné.

Affirmant que les citoyens de la 3e ville du pays sont confrontés à du terrorisme d'Etat, le sénateur Salomon a souligné qu'en général, la violence d'Etat engendre la vengeance populaire et d'ajouter que, lorsque l'injustice règne en maitre, la résistance devient un devoir.

Le sénateur Antonio Chéramy, accusé par le maire Fortuné de financer les manifestations dans la ville des Cayes, n'a pas souhaité accorder trop d'importance à ses accusations. Il  a plutôt expliqué que le maire  tente de détourner l’attention de  l’ampleur de la mobilisation contre le budget 2017-2018 et de la fin prochaine de son régime. 

Pour lui, Gabriel Fortuné  montre  qu'il a perdu la tête, en appelant à la perpétration d'actes de violence. Le parlementaire souligne que le chef de l’Etat avait déjà donné le signal, en se faisant accompagner le 22 septembre dernier par des  anciens militaires lourdement armés, dans les parages de l’aéroport, à son retour de l’ONU.

Je ne vais pas entrer dans son jeu, a dit le parlementaire qui invite les citoyens à rester mobilisés contre le budget qualifié de criminel, du président Jovenel Moise. 

Don Kato a également banalisé les déclarations de Gabriel Fortuné, selon lesquelles il aurait été impliqué dans l'assassinat du journaliste Jacques Roche.

Une déclaration qui laisse indifférent, puisque c'est le père Gérard Jean-Juste  que GNB avait accusé de responsablité dans ce meurtre. Et c'est pourquoi, le prêtre avait été martyrisé le  21 juillet 2005 en pleine église Saint-Pierre de Pétion-Ville, lors des funérailles du poète/journaliste.

L'ancien sénateur Jean-Charles Moise, accusé lui aussi par le maire Fortuné d'alimenter la flamme de la mobilisation contre un président dont il est un fervent défenseur, a lui aussi minimisé les déclarations de M. Fortuné.

C'est quelqu'un qui est aux abois, car il est sur le point de perdre son pouvoir, a indiqué l'ex-candidat à la présidence qui invite les citoyens a continuer de s'indigner et de se soulever, aux quatre coins du pays, contre le président Tèt Kale.

Gabriel Fortuné aussi conflictuel et contesté que le budget?

L'ancien agent intérimaire de la commune des Cayes Jean Frantz Thélusma a fait savoir que Gabriel Fortuné ne doit plus être considéré comme  le maire de la ville, mais comme un chef de gang qui s'est attaqué à des gens qui ne sont pas de son acabit.

Le Sud est menacé par Gabriel Fortuné qui a des dossiers pendants devant la justice, a dit M Thélusma qui l'accuse de distributions d'armes et d'argent  pour recruter partout des gens, en vue de manifestations pro-budget.

Le réseau Sud pour les doits de l'homme appelle le maire à mettre de l'eau dans son vin.Son  directeur exécutif Lionel Myrtil estime que les propos de M. Fortuné esont susceptibles de créer une vague de violences dans la ville..

Pour sa part, l'ancien candidat à la mairie des Cayes, Aburd Antoine, accuse le maire des Cayes d'irresponsable. Pour lui, M Fortuné n'est pas à la hauteur de ses responsabilités, puisqu'il  cherche à mettre la vie des familles en danger. Gabriel Fortuné est maintenant, selon lui, aussi conflictuel et contesté  que le budget.


Entre temps plusieurs secteurs s'interrogent sur  le silence jugé complice de la justice haïtienne  face aux propos  tenus ces dernières semaines par des proches du régime en place, notamment Jean Gabriel Fortuné, à deux reprises, et l'ancien sénateur du sud-est et ex-maire de Jacmel, Edwin Zenny.

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