lundi 2 octobre 2017

"La grève générale du 2 octobre contre le budget réussi à plus de 75%": les syndicalistes qui ont lancé le mot d'ordre accusent par ailleurs un autre syndicaliste, Joseph Montès, d'avoir recu des pots-de-vin pour tenter de la faire échouer



Port-au-Prince, le 2 octobre 2017 - (AHP) - Les  syndicalistes qui ont lancé le mot-d'ordre de grève générale de deux jours,  lundi et mardi contre le budget 2017/2018, ont annoncé en début d'après-midi  que l'appel a été respecté à plus de 75% pour la première journée, mais qu'il a été été reporté pour la seconde, en raison de manoeuvres souterraines.

Les activités ont effectivement connu un ralentissement très sensible, particulièrement au cours la première partie de la journee, où les véhicules de transport public étaient rares.

Par voie de conséquences, les éoliers dans leur grande majorité,  n'ont pas pris le chemin de l'école, même si la peur aurait pu être l'une des raisons pour lesquelles les parents n'ont pas envoyé leurs enfants à l'école.

La grève avait été lancée dans le cadre de la mobilisation contre le budget 2017-2018, entré en vigueur le 1er octobre, après avoir été voté, en vitesse, au parlement et publié au journal Le Moniteur, en dépit des critiques dont il fait l'objet de toutes parts.

Les syndicalistes ont dénoncé lors d'une conférence de presse en fin de journée, des manoeuvres de toutes sortes pour faire échouer la grève, dont des distributions d'argent.

Ils ont d'abord pointé du doigt   le directeur de Service Plus  Montès Joseph accusé d'avoir reçu des pots de vin, en échange de déclarations sur une éventuelle annulation de la grève.

Le porte parole du Mouvement Unifié des Transporteurs Haitiens a denoncé en ce sens une frange de la presse qui aurait accepté de reprendre des rumeurs sans vérification.

Les syndicalistes ont épinglé au passage la correspondante de RFI en Haïti , qu'ils accusent d'avoir été "arrosée" pour véhiculer de fausses informations.

Le syndicaliste Montès Joseph qui avait annoncé la levée du mot-d’ordre de grève, a affirmé avoir eu en ce sens, l’adhésion de la majorité des membres de la commission pour la modernisation du secteur en commun. 

Mais,  les personnalités qu’il a citées dont le syndicaliste Harry Anthony  l’ont tout simplement désavoué,  l'accusant d'avoir accompli la sale besogne, en échange d'argent. 

M Anthony a accusé Montès Joseph, d'avoir été monnayé par le gouvernement pour tenter de boycotter le mouvement. Il affirme qu'en dépit des tractations, la grève a été suivie à plus de 75% car, les rues généralement très encombrées à la mi-journée, ont été pratiquement vides.

C'est le même constat  fait par Jacques Anderson Desroches qui a exprimé sa satisfaction et remercié les citoyens qui ont suivi le mot-ordre de grève. Il affirme que le président Jovenel Moise ne peut pas se permettre de modifier, à coups de mémorandum, des dispositions figurant dans la loi des finances.

Un avis que partagent plusieurs autres secteurs qui pensent que le chef de l'Etat a râté l'occasion de modifier le budget pour n'avoir pas utilisé, dans le délai, son droit d'objection, après avoir reçu le texte voté au parlement.

Ils affirment que les manoeuvres orchestrées par différents secteurs visant à faire échouer la lutte contre le budget par, entre autres, de fausses informations, ne font que raffermir la déterminination de la population à se battre contre l'injustice.


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