lundi 14 novembre 2016

La commission justice et sécurité publique du Sénat qualifie d’inopportune la volonté exprimée par le chef du Parquet de Port-au-Prince de convoquer l'ancien président Aristide pour des propos tenus lors d'un rassemblement électoral: Beaucoup estiment que cette convocation, si elle devait avoir lieu, donnerait à Fanmi Lavalas l'occasion de faire une nouvelle demonstration de force


 Port-au-Prince, le 14 novembre 2016 – (AHP) – La commission justice et  sécurité publique du sénat qualifie d’inopportune, la convocation de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide au parquet de Port-au-Prince, ce mercredi 16 novembre.

Dans une correspondance du chef du parquet de la capitale, Me Jean-Danton Léger demande à son homologue de la Croix-des-Bouquets, juridiction de résidence de M. Aristide, Me Mario Beauvoir, de mettre l’ancien chef de l’Etat à sa disposition suite à ses récentes déclarations prêtant à équivoque.

Pour la commission justice du grand corps qui a adressé une correspondance au ministre de la justice, cette convocation est inopportune tenant compte de la sérénité exigée pour la sauvegarde et le maintien de l’ordre public en cette période pré-électorale.

La commission demande plutôt au ministre de la justice d’intervenir auprès des parquets en vue de l’adoption de mesures visant à favoriser la paix et la tranquillité devant caractériser la conjoncture électorale à quelques jours du scrutin du 20 novembre.

Sans questionner le fond de la démarche et sans vouloir s’immiscer dans les affaires du judiciaire, la commission par la voie de son président Jean-Renel Sénatus, recommande au ministre Camille Edouard Junior, de prendre les dispositions sécuritaires et administratives nécessaires  de manière à ce qu’aucun acte ne vienne perturber les élections du 20 novembre.

Vendredi, ce sont plus d'une dizaine de milliers de partisans et sympathisants de Fanmi Lavalas qui avaient accompagné la candidate Maryse Narcisse lors d'une invitation au conseil électoral provisoire, sur des propos tenus par M. Aristide pendant un meeting électoral.

Beaucoup estiment que cette convocation, si elle devait avoir lieu, serait du pain béni pour  l'ancien president Aristide et  Fanmi Lavalas qui auraient ainsi l'occasion de faire une nouvelle démonstration de force.

M. Aristide, avait fait savoir qu'on pourrait s'attendre à un « déchoucage électoral » au cas où les élections ne seraient pas organisées le 20 novembre prochain.

Un candidat au sénat de Fanmi Lavalas, Gérald Gilles (ouest) avait indiqué que les propos de M. Aristide étaient "une forme d’anticipation à une certaine velléité de détourner le vote populaire au dériment de la candidate Maryse Narcisse dont la montée en puissance  effraie ses adversaires".

Ce qui avait donné l'occasion aux adversaires de Fanmi Lavalas de monter au créneau, accusant M. Aristide d'avoir lance ds propos incendiaires.

Me Gervais Charles, l’un des avocats de Fanmi Lavalas avait indiqué que les propos de M. Aristide ont été detachés, à dessein de leur contexte, par une certaine presse, .

Dans une note en date du 14 novembre, le président du conseil électoral Léopold Berlanger, propriétaire de média, a rapporté que la rencontre de vendredi, déroulée en présence de tous les autres membres du conseil, s’était déroulée dans un climat de sérénité et avait permis à l'organisation Fanmi Lavalas de présenter sa version des propos incriminés.

Le conseil affirme avoir insisté sur la nécessité pour les partis et tous les acteurs concernés de respecter les prescrits du décret électoral et des dispositions régissant la campagne.

Le conseil a aussi mis en garde contre toute dérive susceptible de menacer le bon déroulement du processus électoral et de fragiliser le processus démocratique.

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