vendredi 10 août 2018

Le RNDDH appelle le président Jovenel Moïse, en tant que garant de la bonne marche des institutions républicaines du pays, à réparer les torts causés par le zèle déplacé des autorités policières et judiciaires impliquées dans la destruction "réalisée pour lui plaire", de 7 maisons où vivaient 34 familles, dans la communauté de Pèlerin 5

Le RNDDH appelle le président Jovenel Moïse, en tant que garant de la bonne marche des institutions républicaines du pays, à réparer les torts  causés par le zèle déplacé des autorités policières et judiciaires impliquées dans la destruction "réalisée pour lui  plaire", de 7 maisons où vivaient 34 familles, dans la communauté de Pèlerin 5
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Port-au-Prince, 10 août 2018- (AHP)- Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a fait savoir jeudi qu'il était de son devoir de rappeler à l'attention du président Jovenel Moïse  le dossier des victimes de Pèlerin 5, dont les droits à la dignité et à la propriété privée ont été, sur son  instigation, bafoués par les autorités judiciaires et policières de Port-au-Prince.

Dans une lettre ouverte, le RNDDH a rappelé que  les 2, 3 et 4 juillet 2018, le Parquet de Port-au-Prince et la Direction Départementale de l’Ouest de la Police Nationale d’Haïti (DDO / PNH), aidés de la Direction Générale des Impôts (DGI), ont mené une intervention musclée, illégale et
arbitraire, dont l’objectif était de déloger trente-quatre (34) familles à qui ils reprochent de
représenter une menace pour la  sécurité du chef de l'Etat  et de sa  famille.

Sept (7) de ces familles ont été arrachées de leur maison pour que celle-ci soit démolie, a écrit le RNDDH, rappelant que le dossier a fait le tour des médias mais, qu'aucune action concrète en vue de rétablir les victimes dans leurs droits n’a été entreprise.

"Le RNDDH juge opportun de vous présenter les familles victimes et leur situation particulière dans le but de vous porter à comprendre l’ampleur des dégâts engendrés par cette intervention en déguerpissement", indique la lettre ouverte, citant: 1- Delinois FLEURISIER, fleuriste, père de cinq (5) enfants dont deux (2) en bas âge, qui a tout perdu.

2. Jean Claude TICO, fleuriste,  père de deux (2) enfants dont le plus jeune est un bébé
aujourd’hui âgé de deux (2) mois. 3. Marie Madrelette JOSEPH, commerçante,  cheffe de famille qui  a passé sept (7) années à construire sa maison.

4. Elion TOUSSAINT, également fleuriste, mère  d'une fille de trois (3) ans, qui a perdu tout ce qu’il
possédait. 5 Joines JULIS, chauffeur de moto,  père d’un enfant de trois (3) ans.
aujourd’hui.
6. Isma DESROSIERS, contremaitre en maçonnerie,  père d’un enfant de quatre (4)
ans  et  7-Joseph Gesner VALCIN, ménager, qui peinait à finir les cinq (5) pièces qu’il avait érigées
et qui attendaient encore leur toiture. Le bâtiment a été rasé.

Le RNDDH explique que ces victimes sont de rudes travailleurs-ses qui ont
difficilement réussi à s’ériger un toit, dans un pays où l’accompagnement social s’avère
inexistant.

"Il a donc fallu que vous deveniez président de la République pour qu’ils
passent en quelques heures du statut de propriétaires de maison à celui de sans-abri", a lancé l'organisation de droits humains, s'indignant  qu'ils aient été accusés d’empêcher que la sécurité des honnêtes gens soit convenablement assurée, alors que "avant votre arrivée dans la communauté de Pèlerin 5 où ils vivent depuis plusieurs années,  personne n’avait porté plainte contre eux, pour
mauvais agissements ou pour troubles à l’ordre public.

Conséquemment, le RNDDH dit croire que cette intervention représente un acte discriminatoire, réalisé en violation des droits à la dignité humaine et au logement, garantis par la
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, en ses articles 1 er et 25,
assurant d’une part que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en
droits et, d’autre part que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer
son bien-être, celui de sa famille notamment pour le logement ainsi que pour les services
sociaux nécessaires.

Le RNDDH soutient qu'en tant que garant de la bonne marche des institutions républicaines du
pays, le président Jovenel Moïse est tenu  de réparer les torts qui ont été causés par le zèle déplacé des autorités policières et judiciaires impliquées dans cette opération réalisée pour lui  plaire.

En outre, le RNDDH invite le chef de l'Etat à commencer  à donner l’exemple, lui qui avait  promis à la population d’œuvrer pour que le pouvoir judiciaire soit totalement affranchi du joug du pouvoir exécutif et que l’institution policière devienne plus professionnelle.

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