lundi 26 février 2018

Lancement d’une série de conférence annuelle sur les relations haitiano dominicaines, en hommage à Guy Alexandre


Lancement d’une série de conférence annuelle sur les relations haitiano dominicaines, en hommage à Guy Alexandre

Port-au-Prince, 26 février 2018- (AHP)- La Fondation Zile (FZ) en partenariat avec l’Université Quisqueya procèdera ce mercredi 28 février au lancement d’une série de conférences annuelles dans les 10 départements du pays de 2018 à 2028 en vue de promouvoir le renforcement des liens entre les deux peuples qui se partagent l’ile et de contribuer à une meilleure gestion des rapports bilatéraux, en utilisant les apports du défunt diplomate Guy Alexandre.

Deux fois chef de mission diplomatique à Santo Domingo de 1991 à 1997 et 2001 à 2003, Guy Alexandre a marqué un renouveau dans la gestion officielle des relations haitiano dominicaines comme premier représentant d’Haïti en terre voisine de l’ère démocratique.

« Il a su faire, entre autres, le bon équilibre entre la défense de ses compatriotes et l’amélioration des rapports bilatéraux » indique une note de la FZ.

Suite à son passage dans la diplomatie, Alexandre a aussi milité dans des organisations de la société civile s’occupant du dossier haitiano dominicain, comme le Comite Mémoire 1937 (CM37), la Fondation Zile et le Collectif haïtien sur les migrations et le développement (COHAMID) qu’il a lui-même fondé.

Aussi, face à la crise diplomatique créée par l’arrêt 168-13 du Tribunal constitutionnel de la République Dominicaine de dénationalisation des dominicains d’origine haïtienne en septembre 2013, les autorités haïtiennes ont fait appel à son expertise sur la question dominicaine, ce qui le conduira à faire partie de la délégation haïtienne au conseil permanent de l’OEA en octobre 2013.

Ses précisions historiques et sur la question migratoire, ont été hautement utiles à la partie haïtienne contre l’arrêt en question.

-Néanmoins, il a toujours maintenu d’excellents rapports avec la République Dominicaine. De fait,  la mort le surprendra, le lendemain de sa dernière apparition en public, lors de la célébration du 170e anniversaire de l’indépendance dominicaine, à Pétion Ville.

La trajectoire et les diverses contributions intellectuelles du diplomate défunt sont considérées par la FZ comme un héritage à conserver par les générations présentes et futures, ce qui explique l’initiative de cette série de conférences titrée « Sur les traces de Guy Alexandre ».

Dans un contexte de remontée de l’antihaitianisme en République Dominicaine, la première conférence se tiendra ce mercredi 28 février à 4 :00 pm à la salle de conservation des biens culturels (CCC) de l’Université Quisqueya qui abrite aussi le bureau de l’OBMEC (observatoire binational sur la migration, l’éducation, l’environnement et le commerce), un projet financé par l’Union Européenne, qui regroupe des Universités haïtiennes et dominicaines.

Le thème de la conférence est « Panorama des relations haïtiano- dominicaines, de la crise de 2013 à date » dont les conférenciers-panélistes seront : Jean Marie Théodat, Sabine Manigat, Bernard Craan, Colette Lespinasse, Camille Charlmers et Edwin Paraison

La  conference du 28 fevrier vise à rendre  hommage à Guy Alexandre, tout en œuvrant pour de meilleures relations entre Haïti et la République Dominicaine et la défense des droits des migrants.


samedi 24 février 2018

Le Sénat en panne de séance depuis le vote en catimini le 2 février par les parlementaires pro-gouvernementaux d’une résolution transférant le dossier Petro Caribe à la cour des comptes: mais le president du Grand Corps nie qu’il soit en crise



Port-au-Prince, le 24 février 2018 - (AHP) - Le  président du sénat Joseph Lambert, a tenté ce vendredi, de dementir les affirmations de son collègue Jean-Renel Sénatus, selon lesquelles, le grand corps est en crise depuis le vote en catimini le 2 février dernier, d'une résolution transférant le dossier Petro Caribe à la cour des comptes.

Faux, a rétorqué l'élu du Sud-Est qui reconnait toutefois que le sénat est une  assemblée de contradictions. C'est normal que les positions divergent, a encore essayé de minimiser l'ancien conseiller de l'ex-président Michel Martelly et allié de son dauphin Jovenel Moise.

C'est d'ailleurs cela qui fait sa force, a poursuivi M. Lambert. Le parlementaire a tenté de banaliser le fait que les séances ne puissent se tenir depuis le 2 février, affirmant que les activités du grand corps ne se limitent pas seulement aux séances.

Il se félicite d'ailleurs que les commissions continuent de travailler et que plusieurs membres du sénat soient en déplacement à l'étranger ou sur le point de le faire. Nous n'avons pas un sénat en crise comme le prétend le sénateur Sénatus, a-t-il indiqué.

Nous avons certes besoin de cohésion pour travailler mais cette cohésion ne sera jamais totale, a-t-il dit.

Le sénateur sénatus avait récemment indiqué que le grand corps est en crise depuis le vote en catimini, d'une résolution a l'initiative du sénateur Kedlaire Augustin, transférant le dossier relative au scandale financier Petro Caribe à la cour des comptes et du contentieux administratif.

Le président n'arrive pas à organiser une seule séance et il ne pourra pas le faire tant qu'une entente politique n'aura pas été trouvée, avait confié l'élu de l'ouest qui a déploré l'attitude de ses collègues pro-gouvernementaux qui ont cherché "a enterrer le dossier Petro Caribe".

D'ailleurs, a-t-il dit, la résolution qu'ils ont votée en ce sens lors de la séance du 2 février en l'absence des sénateurs de l'opposition et loin des cameras, micros et projecteurs de la presse, est mal fagotée. Il rappelle que le sénat ne s'est jamais prononcé sur le rapport, soit pour l'accepter, soit pour le rejeter.

Pour sa part, le sénateur Youri Latortue qui avait initié l'enquête sur la gestion des fonds Petro Caribe a qualifié de "perte de temps" la résolution de ses collègues, rappelant qu'une équipe de la cour des comptes avait déjà travaillé sur le rapport.

En tout cas, les citoyens continuent de défiler au cabinet d'instruction pour porter plainte contre tous les anciens dirigeants épinglés dans le rapport des deux commissions sénatoriales d'enquête sur la gestion des Fonds Petro Caribe.

Ce vendredi, deux nouvelles plaintes ont été déposées  au cabinet d'instruction par les citoyens Jacob Alliance et Pierre-Jacques Bony. Leur avocat, Me Michel André se félicite de l'engouement, a-t-il dit, des citoyens à exiger que toute la lumière soit faite autour de ce dossier.


Le président Jovenel Moise connait-il déjà les conclusions des enquêtes ouvertes sur les derniers incendies de marches: s’adressant vendredi à l’opposition, il a fait savoir que, durant son mandate, il n'acceptera que personne incendie ou détruise les biens d'autrui.



Port-au-Prince, le 24 février 2018 - (AHP) - Le président Jovenel Moise connait-il déjà les conclusions des enquêtes ouvertes sur les incendies ayant ravagé les deux principaux marchés du centre commercial de Port-au-Prince, le marché Hyppolite dans la nuit du 12 au 13 et le marché du Port 5 jours plus tard?

En tout cas, une partie du discours tenu ce vendredi  par le chef de l’Etat lors de la commémoration du 22e anniversaire du corps d'intervention et de maintien d'ordre, CIMO, a suscité pas mal d'équivoque.

Se présentant comme le garant de la bonne marche de toutes les institutions et s'adressant à ceux qu'il appelle "ses frères et soeurs de l'opposition" et à ceux qui ne se retrouveraient pas dans sa gestion de la chose publique, le président Moise a assuré que, durant les 4 ans du mandat qui lui reste au palais national, il n'acceptera que personne incendie ou détruise les biens d'autrui.

“Nous sommes en démocratie et cela implique que chaque citoyen a des droits et des devoirs”, a lance Jovenel Moise, faisant savoir que la police a pour devoir de protéger et servir tout un chacun sans distinction aucune.

Quant a moi, a-t-il poursuivi-il, je serai toujours là pour faire respecter la loi et veiller à la bonne marche des institutions.

Les marchés Hyppolite et du Port ont été incendiés dans l'intervalle de 5 jours les 13 et 18 février dernier.

Sur les réseaux sociaux, les accusations pleuvent depuis lors, les partisans du pouvoir accusant l‘opposition  d’en être responsable, alors que l’opposition croit que ce sont des partisans du pouvoir qui ont organisé ces incendies pour tenter de faire oublier le scandale des fonds Petrocaribe.

Toutefois, pour le PDG de Digicel/Haïti, Maarten Boute,  reputé proche du pouvoir, le feu parti très vraisemblablement des immondices qui brûlaient en dehors du Marché, s’y est propagé, en raison des forts vents qui soufflaient cette nuit-là. 

Il a du coup dénoncé la gestion de l'Etat haïtien de cet édifice historique détruit lors du séisme  du 12 janvier 2010 et dont la réhabilitation a coûté 18 millions de dollars américains à sa compagnie.